Survol économique des semaines du 28 septembre au 9 octobre

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Ce résumé des événements économiques récents couvre les deux dernières semaines et la clôture du troisième trimestre de 2020. C’est donc «three down, one to go» en cette année sans pareille (et il n’est franchement pas nécessaire d’en avoir une autre!).

Merci pour tous vos commentaires positifs concernant ces résumés économiques. Nous travaillons d’ailleurs à inclure quelques images et graphiques aux versions futures puisqu’une image vaut 750 mots (ajustement à 75% de l’expression, soit proportionnellement à l‘économie suite à la pandémie).

Nous vous rappelons également que nous participons à l’émission RDI Zone Économie (ancien RDI Économie) avec Gérald Fillion tous les mardis à 18h00 pour commenter les actualités économiques. Vous trouverez ici notre émission de cette semaine.

Survol économique

AU CANADA

• Avec une croissance économique appréciable en juillet et en août, l’économie canadienne a pu récupérer près de 75% des pertes de production subies au pire de la crise. On s’attend toutefois à ce que les dommages structurels restants prennent quelques années à être réparés.
• L’optimisme sur le marché immobilier demeurait solide à l’aube de cette deuxième vague de coronavirus. Plus de 44% des répondants à un sondage Nanos prévoyaient une hausse des prix dans leur voisinage. Cette intuition des propriétaires contraste avec celle de la SCHL qui prévoit toujours une baisse des prix des maisons au pays au cours de la prochaine année.
• Toronto connait toutefois un ralentissement dans le segment des condos avec une augmentation de plus de 200% des unités inscrites comparativement à l’an dernier. Le secteur des maisons s’y porte beaucoup mieux.
• Dans l’ensemble du pays, les mises en chantier résidentielles ont diminué davantage que prévu avec un recul de 20% annualisé, surtout dans le secteur des logements collectifs en zone urbaine.
• Le déficit fédéral pour l’année fiscale en cours dépassera les 400 milliards CAD et pourrait dépasser les 500 milliards CAD si un deuxième confinement devait être imposé, réduisant ainsi substantiellement les entrées fiscales.
• Les aides massives du gouvernement ont permis temporairement au taux d’insolvabilité des ménages canadiens d’atteindre un creux depuis 1996 malgré les affres de la pandémie.
• Le gouverneur de la Banque du Canada, Tiff Macklem, a subtilement ouvert la porte à des taux d’intérêt négatifs au Canada. Le Japon et plusieurs pays d’Europe y sont déjà.
• La réouverture des écoles a permis à de nombreux parents de retourner au travail et le Canada a connu une forte augmentation du nombre d’emplois créés en septembre. Le taux de chômage se situe maintenant à 9% et il reste toujours plus de 700,000 emplois à récupérer.
• Le secteur technologique du TSX (+44,41%) affiche une avance spectaculaire de plus de 97% en rendement absolu par rapport à son secteur de l’énergie (-52,84%) depuis de le début de l’année. Il y a beaucoup de sous-bourses dans «la bourse».
• Globalement les actions canadiennes ont repris de leur retard sur les obligations mais se situent toujours à 10,5% de rendement derrière l’univers obligataire jusqu’ici en 2020.

AUX ÉTATS-UNIS

• Les indices boursiers ont poursuivi leur volatilité avec des attentes en dents de scie quant à une éventuelle entente de soutien gouvernemental à l’économie américaine.
• Les marchés ont aussi été directement touchés par l’infection du président, The Donnie, au coronavirus. Ce sont donc Trump (USA), Bolsonaro (Brésil) et Johnson (UK), trois dirigeants qui minimisaient la COVID-19, qui l’ont finalement attrapée.
• Le président de la Réserve fédérale a mis en garde le gouvernement américain que davantage d’aide sera nécessaire pour sortir de la récession. La création d’emplois a ralenti en septembre et la Fed suggère qu’il vaudrait mieux risquer d’en faire trop que risquer de nuire à la reprise avec trop peu. L’un des présidents régionaux de la Fed a prévenu que le retour à une activité économique d’avant la pandémie pourrait aller en 2022 ou 2023.
• Le marché du travail demeure fragile aux États-Unis. Des dizaines de milliers d’emplois ont été perdus en 24 heures seulement à la suite de plusieurs annonces massives de mises à pied, incluant celles de Disney et Allstate.
• Facebook a finalement décidé de fermer toutes les pages liées aux conspirationnistes de QAnon, qui croient que The Donald est en mission secrète contre des pédophiles satanistes qui veulent contrôler le monde. Ceci n’est pas une blague, c’est la réalité. On apprend aussi qu’Elvis serait effectivement mort (désolé).
• Dans la chronique mondaine des coquineries bancaires, c’est JP Morgan cette fois qui s’est fait imposer une pénalité de 920 millions USD pour avoir triché sur les marchés des métaux précieux, entre autres. La banque inscrivait et retirait rapidement des transactions pour manipuler les prix. N’essayez pas ça à la maison, la prison pourrait vous attendre contrairement à certains banquiers qui s’en sauvent toujours.
• Une étude des universités Harvard et Chicago conclut que les day traders ont fait bouger les marchés beaucoup plus que leur poids en termes de dollars, puisque les grands investisseurs institutionnels sont moins sensibles aux prix lorsqu’ils doivent suivre des mandats précis. La demande des boursicoteurs est quant à elle plus fortement influencée par les tendances et elle se trouve ainsi à les exacerber.
• Le fabricant automobile Tesla a vu un rival le surpasser en Chine, le plus grand marché automobile mondial. C’est GM qui est à l’origine du véhicule compact qui se vend pour aussi peu que 5,000 USD.
• Il a été révélé que The Donald, qui se vantait lui-même lors d’un débat en 2016 de ne pas payer beaucoup d’impôt («That makes me smart», avait-il dit), n’a payé que 750$ d’impôt l’année où il est devenu président. Il a aussi évité complètement le fisc lors de 10 des 15 années précédentes. Rappel: Il est milliardaire. C’est la créativité de ses comptables qui a permis de déplacer les revenus et dépenses d’une unité à l’autre et ainsi éviter le fisc. Il a entre autres déduit près de 100,000 CAD pour ses frais de coiffure, et il déduisait d’importantes sommes qu’il versait à sa famille. Make America Great Again, scande-t-il.
• Puis il y a eu le débat Trump-Biden. Aucun commentaire additionnel nécessaire.
• Puis il y a aussi eu un tweet de The Donald à l’effet qu’il mettait fin aux discussions sur un nouveau plan de soutien de l’économie, ce qui a fait disparaitre plusieurs centaines de milliards USD de capitalisation boursière en quelques minutes. Make America Great Again, scande-t-il à nouveau.
• Devant des ratios boursiers actuels historiquement très élevés, des fonds privés qui se paient de forts dividendes et des émissions soutenues de dette corporative, les analystes de Wall Street sont médusés. Ces signaux sont davantage ceux d’une fin de boom économique alors que nous sommes au mieux au début d’une difficile reprise.
• Après avoir emprunté plus de 350 milliards USD pour aider les liquidités durant la pandémie, on s’attend à ce que certaines entreprises plus solides commencent à rembourser d’ici la fin de l’année. Le ratio global de dette sur EBITDA (une mesure de profit) est actuellement de 4, un sommet qui inquiète.
• Un sondage auprès de plus de 1500 dirigeants d’entreprises révèle que plus de la moitié d’entre eux comptent réduire les espaces à bureaux et les trois quarts comptent augmenter la flexibilité vers le télétravail, un effet permanent de la pandémie et une nouvelle réalité dans le monde du travail.
• La pharmaceutique Johnson & Johnson, qui avait donné de l’espoir avec ses essais cliniques de phase 3, a dû les interrompre à la suite d’un effet secondaire chez l’un des patients. AstraZeneca avait dû faire la même chose il y a quelques semaines. La recherche accélérée d’un vaccin se poursuit.
• L’indice s&P500 a dépassé l’univers obligataire américain pour la première fois depuis la pandémie en termes de rendement depuis le début de l’année. La valeur gonflée des titres technologiques explique presque entièrement cette progression. L’indice S&P500 équipondéré est d’ailleurs toujours en territoire négatif pour 2020 (voir section rendements).

À L’INTERNATIONAL

• Le nombre de décès connus reliés au coronavirus a officiellement dépassé le seuil psychologique du million dans le monde. Les nombreux nouveaux cas ne laissent pas présager la fin prochaine du décompte.
• Les actions mondiales (indice MSCI) ont regagné le territoire positif pour 2020 avec un rendement de +3,46% depuis janvier. Le même indice mondial, si l’on excluait les États-Unis (et donc les grandes technos) serait toutefois négatif à -4,11% depuis le début de l’année.
• La compagnie chinoise Ant Group pourrait devenir la plus importante entrée en bourse de l’histoire, surpassant celle de Saudi Aramco l’an dernier. La valorisation de la toute nouvelle entreprise financière pourrait même surpasser celle de JP Morgan, plus grande banque au monde.
• La reprise économique en Chine serait moins reluisante que le régime ne le laisse entendre. Les taux de chômage soi-disant à la baisse ne tiennent pas compte des millions de travailleurs ruraux qui ont perdu leur emploi en zone urbaine puisqu’ils sont rattachés à leur adresse rurale et considérés comme des agriculteurs. Comment dire… ne pas trop se fier aux chiffres officiels d’une dictature.
• La simple défaillance d’une pièce d’équipement informatique a forcé la bourse de Tokyo, troisième plus grande au monde, à fermer pendant toute une journée.
• Le programme britannique de prêts spéciaux aux petites entreprises, mis sur pied pour contrer les effets de la pandémie, pourrait subir des pertes de 80% selon les derniers estimés.
• Le pétrole a connu une quinzaine en montagnes russes avec une baisse importante suivie d’une hausse presque équivalente en dollars sur les deux semaines. L’incertitude quant à la demande à venir est toujours aussi forte à cause du virus, mais l’ouragan Delta a forcé une diminution de la production, faisant pression à la hause sur les prix.
• La zone euro est demeurée en territoire déflationniste pour un deuxième mois consécutif en septembre.
• À l’entrée du quatrième et dernier trimestre de 2020, les obligations mondiales conservent leur avance en rendement sur les actions depuis janvier mais l’avantage s’est réduit à environ 2,5%.

Aperçu des marchés et des performances depuis le début de l’année
(En devises locales et à la fin des semaines du lundi 28 septembre au vendredi 9 octobre)

CANADA

Obligations canadiennes
• Marché monétaire T-Bill : +1,30%
• Univers obligataire : +7,61%
• Sous-secteur gouvernemental : +8,05%
• Sous-secteur gouvernemental de long terme : +10,71%
• Sous-secteur corporatif Investment Grade : +6,50%
• Sous-secteur corporatif High Yield (spéculatif) : +2,72%
Actions canadiennes
• Indice TSX : -2,93%
• Sous-secteur TSX Énergie : -52,84%
• Sous-secteur TSX Financières : -13,43%
• Sous-secteur TSX Technologies : +44,41%

ÉTATS-UNIS

Obligations américaines
• Marché monétaire T-Bill : +0,92%
• Univers obligataire : +6,55%
• Sous-secteur gouvernemental : +8,20%
• Sous-secteur gouvernemental de long terme : +18,80%
• Sous-secteur corporatif Investment Grade : +6,78%
• Sous-secteur corporatif High Yield (spéculatif) : +1,99%
Actions américaines
• Indice S&P500 : +7,63%
• Indice S&P500 Equal Weight : -1,62%
• Indice Dow Jones 30 : +0,17%
• Indice Russell 3000 : +8,20%
• Indice Russell 2000 : -1,85%
• Indice Russell 1000 : +8,90%
• Indice Nasdaq : +29,06%

MONDIAL

Obligations mondiales
• Univers obligataire : +6,10%
• Sous-secteur gouvernemental : +6,39%
• Sous-secteur corporatif Investment Grade : +6,35%
• Sous-secteur corporatif High Yield (spéculatif) : +0,86%
Actions mondiales
• Indice MSCI ACWI (mondial) : +3,46%
• Indice MSCI ACWI excluant les États-Unis : -4,11%
• Indice MSCI World ESG : +3,94%
• Indice CSI 300 (Chine) : +14,27%
• Indice Nikkei 225 (Japon) : -0,16%
• Indice Stoxx 50 (Europe) : -12,60%
• Indice DAX 30 (Allemagne) : -1,49%
• Indice FTSE 100 (UK) : -20,23%
• Indice CAC 40 (France) : -17,25%

AUTRES INDICATEURS

• Dollar américain @ 1,31 CAD (Dollar CAD @ 0,76 USD) : +1,06%
• Indice Bloomberg des matières premières : -9,11%
• Prix du HUC (exposition au pétrole) : 9,46$
• Once d’or @ 1929 USD : +27,11%
• Indice de volatilité VIX : 25 (niveau pré-pandémie entre 12 et 15)

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