Survol économique de la semaine du 8 au 12 juin

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Survol économique

• Après un début de semaine positif sur fond d’apaisement éphémère dans le secteur de l’énergie, les marchés boursiers ont connu une semaine éprouvante et finissent en baisse. Ils s’éloignent de ce fait à nouveau de leur niveau de début d’année avec un manque à gagner de 5% à 20% selon les pays (voir le survol des marchés en fin de note).
• Globalement, les obligations battent ainsi les actions de plus de 10% depuis le début de l’année. La diversification n’est jamais démodée.
• Jeudi, pire journée de la semaine, les actions ont subi une des plus fortes baisses quotidiennes de l’histoire avec des pertes de 7% pour le Dow Jones, 6% pour le S&P500 et 4% pour le TSX.
• Dans une tentative d’explication du comportement boursier inexplicable depuis un bon moment, les médias ont suggéré que les investisseurs puissent soudainement craindre une deuxième vague du coronavirus (vague dont les experts en santé publique parlent pourtant depuis des mois). Il faut dire que le cap des 2 millions d’infections aux États-Unis a pu marquer les esprits (déjà plus de 110,000 morts selon un décompte encore non exhaustif).
• Il est de plus en plus soupçonné que les centaines de milliers de travailleurs au chômage qui reçoivent un chèque de l’État ont contribué à une hausse des marchés boursiers en faisant du day trading avec cette aide gouvernementale. Une maison de courtage au détail parmi les plus importantes a remarqué des activités 4 fois plus grandes qu’à pareille date l’an dernier.
• Les programmes de déconfinement, qui donnaient de l’enthousiasme aux marchés, ont toutefois vu des États cruciaux comme la Californie, le Texas ou la Floride afficher une recrudescence des cas d’infection au coronavirus après la réouverture des activités.
• Mais qu’à cela ne tienne, notre The Donald compte reprendre les grands ralliements publics dès cette semaine, possiblement sans mesure particulière de précaution imposée aux militants présents.
• Le NBER américain a officiellement situé à février le début de la récession. Il s’agit donc pour les États-Unis d’une première récession en presque 11 ans, stoppant ainsi une période record de croissance économique (la plus longue en près de 170 ans).
• La Réserve Fédérale américaine a laissé inchangé son taux directeur dont la fourchette inférieure était déjà à 0% et annonce un environnement de faibles taux pour les deux prochaines années.
• Le président de la Fed a donc, à toutes fins pratiques, confirmé qu’il procéderait à du yield curve control pour maintenir les taux à leur plus bas jusqu’en 2022.
• Le Congrès américain envisage à nouveau une aide économique supplémentaire, qui s’ajouterait ainsi à l’aide additionnelle, qui faisait suite à l’aide complémentaire, qui avait succédé à l’aide ajoutée, en sus de l’aide renouvelée à la suite de l’aide initiale. On parle tout bonnement pour cette nouvelle ronde d’un autre 1000 milliards de dollars.
• En complément au point précédent, rappelons que le bilan de la Réserve Fédérale approche du chiffre astronomique de 10,000 milliards de dollars (CAD) et que l’aide accordée par la Banque centrale européenne dépasse les 2,000 milliards de dollars (CAD).
• L’indice des prix à la consommation aux USA est demeuré près de zéro alors que les prix à la production ont légèrement augmenté, une surprise dans ce dernier cas.
• Autre record historique en cette période exceptionnelle : Alors qu’il s’écoulait habituellement des mois entre la sortie d’un gouverneur et son retour en poste ailleurs, le gouverneur sortant de la Banque du Canada (Stephen Poloz) n’a mis que 5 jours à se trouver deux postes dans le secteur privé, l’un chez Enbridge et l’autre chez CGI.
• Sur le marché du travail américain, les demandes d’inscription au chômage sont à la baisse mais les seules demandes de la dernière semaine de mai équivalent aux emplois créés durant tout le mois.
• Un rapport publié par l’Institut Becker-Friedman (deux Prix Nobel) prévoit que plus de 40% des pertes d’emplois récentes seront permanentes, causant obligatoirement une importante restructuration du marché du travail au cours des prochaines années.
• Bien que le marché du travail soit encore durement bouleversé par la pandémie, la plus récente enquête indique que les propriétaires de PME américaines sont plus optimistes que durant le mois précédent, de même que la confiance des consommateurs qui a gagné plus de 6 points, de 72.3 à 78.9.
• Au Canada, la dette des ménages en proportion du revenu disponible a atteint un niveau de 177% (i.e. pour chaque dollar disponible, les ménages on en moyenne 1,77$ de dette).
• Malgré les programmes mis en place par le gouvernement fédéral, le gouvernement du Québec a dû augmenter son aide au secteur de l’immobilier commercial pour soutenir à la fois les propriétaires et les locataires. Cette aide vise plus de 35,000 commerces.
• Après avoir émis des doutes sur l’utilité de faire un budget (ce n’est pas une farce), le gouvernement fédéral semble maintenant s’enligner pour une mise à jour économique au cours de l’été.
• Signaux contradictoires en Europe où l’activité économique semblait initialement vouloir reprendre, mais les données récentes indiquent une chute de la production industrielle en France, une baisse des exportations en Allemagne et un recul record de l’économie au Royaume-Uni.
• L’OCDE prévoir une contraction d’au moins 8% pour l’économie canadienne en 2020 et des reculs généralisés partout sur la planète dans ce qu’elle appelle la pire crise mondiale de notre vivant sur les plans sanitaire, économique et social.
• La Banque mondiale prévoit quant à elle la récession la plus dure depuis la Deuxième Guerre Mondiale avec, pour une première fois en 60 ans, les économies des pays émergents qui pourraient se contracter de 2,5%. On craint que plusieurs millions de personnes dans ces pays ne tombent dans l’extrême pauvreté.
• L’indice de volatilité VIX a fermé la semaine en forte hausse à 36 (de son niveau de fermeture de 24 la semaine précédente). Au risque de nous répéter, la prudence demeure de mise.

Quelques annonces attendues cette semaine

• Témoignage du président de la Fed devant le Congrès
• Dévoilement des ventes au détail au Canada et aux US
• Taux d’inflation au Canada
• Prix de l’immobilier neuf au Canada
• Marché de l’emploi aux US

Aperçu des marchés et des performances depuis le début de l’année
(En devises locales)

CANADA
Obligations
• Univers obligataire : 6,55%
• Sous-secteur gouvernemental : 7,39%
• Sous-secteur corporatif Investment Grade : 4,38%
• Sous-secteur corporatif High-Yield (spéculatif) : -3,48%
Actions
• Indice TSX : -10,59%
• Sous-secteur TSX Énergie : -44,83%
• Sous-secteur TSX Financières : -16,72%
• Sous-secteur TSX Technologies : 27,96%

GLOBAL
Obligations
• Univers obligataire : 2,84
• Sous-secteur gouvernemental : 3,27%
• Sous-secteur corporatif Investment Grade : 2,05%
• Sous-secteur corporatif High-Yield (spéculatif) : -4,51%
Actions
• Indice MSCI World : -8,67%
• Indice S&P500 : -5,86%
• Indice Dow Jones : -10,28%
• Indice CSI (Chine) : -2,28%
• Indice Nikkei (Japon) : -6,46%
• Indice DAX (Allemagne) : -9,81%
• Indice FTSE (UK) : -19,06%
• Indice CAC (France) : -19,05%

AUTRES
• Dollar canadien @ 1,36 USD
• Prix du HUC (exposition au pétrole) : 8,63$
• Once d’or : 1730$

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Bonne semaine!

Votre équipe