Survol économique de la semaine du 24 au 28 août

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Survol économique

AU CANADA

• Le Québec, qui avait été plus durement frappé par le confinement avec un recul de 15% de son PIB en avril contre un recul de 12% pour le Canada, a repris plus rapidement une partie de son retard avec une croissance de plus de 10% en mai (comparativement à moins de 5% pour le Canada).
• Soupir de soulagement pour l’économie canadienne alors que plus de mille débardeurs ont amorcé un retour graduel au travail au Port de Montréal. Une grève y avait éclaté et s’ajoutait aux durs coups économiques subis par le pays cette année, incluant de récents blocus ferroviaires et un ralentissement généralisé induit par la pandémie.
• La confiance des consommateurs a poursuivi sa lente remontée et se rapproche de son niveau pré-pandémie. À son plus haut point depuis le creux du confinement, la mesure de confiance a récupéré environ 80% du recul subi durant la crise.
• Les 6 grandes banques canadiennes ont dévoilé leurs résultats trimestriels qui montrent une amélioration de leur situation. Les bénéfices ont bondi par rapport au trimestre précédent, aidés par les activités de trading, et les banques ont revu à la baisse leurs provisions pour mauvaises créances. Les profits trimestriels ont totalisé près de 10 milliards CAD. Le sous-secteur financier du TSX accuse néanmoins toujours un retard de plus de 11% sur son niveau de début d’année.
• La composition du TSX, avec les secteurs financier, immobilier et énergétique comptant pour plus de 40% de l’indice, fait en sorte que la bourse canadienne n’affiche pas la même performance que l’indice phare américain S&P500 (à forte teneur technologique) depuis un bon moment. À une exception près, le S&P500 a battu le TSX à chaque année depuis 10 ans.
• La nouvelle ministre des Finances, Chrystia Freeland, a entrepris son mandat avec des aides de près de 40 milliards CAD visant à prolonger le soutien à l’économie et aux ménages.
• Après avoir traversé le pire du confinement, l’économie canadienne comportait en mai 108,000 entreprises de moins qu’un an auparavant, selon un rapport gouvernemental. C’est une baisse de 14% du nombre d’entreprises actives au pays.
• Le Canada a connu le pire trimestre de son histoire économique recensée, avec un recul de près de 39% alors que tous les indicateurs étaient à la baisse (consommation, commerce, investissement, résidentiel).
• Pour le même trimestre, le revenu moyen disponible des ménages canadiens a paradoxalement augmenté, dû aux aides gouvernementales massives temporaires (le dernier mot est très important).
• En termes de classes d’actifs, les obligations conservent leur avance sur les actions au Canada depuis janvier, avec un rendement additionnel de 9,5%.

AUX ÉTATS-UNIS

• Propulsées par de faibles taux hypothécaires sur 30 ans qui avoisinent les 3% et par la croissance du télétravail, les ventes de nouvelles maisons ont fortement augmenté en juillet aux États-Unis. Il s’agissait du meilleur mois en près de 15 ans.
• Le président de la Réserve Fédérale a annoncé que la Fed sera plus patiente avec une éventuelle résurgence de l’inflation avant d’augmenter ses taux, ce qui signifie qu’ils pourraient demeurer bas encore plus longtemps que prévu.
• Les investisseurs qui parient sur une baisse des indices boursiers sont globalement moins nombreux qu’il y a quelques mois. Signe que tout ira bien ou source d’inquiétude? À titre de rappel, la même dynamique s’était produite au tournant des années 2000 avec un renversement du pessimisme vers un optimisme généralisé. L’étape suivante fut l’éclatement de la bulle techno.
• Bien que le marché du travail ait redémarré aux États-Unis depuis le creux d’avril, la banque Goldman Sachs a prédit que près du quart des 22 millions d’emplois américains perdus durant la pandémie le seront de façon permanente.
• Larry Kudlow, conseiller économique de The Donald, a participé à la convention républicaine pour vanter les mérites économiques du président, incluant le fait que Walmart et Amazon se portent très bien. À l’insu de son plein gré, il a omis de mentionner que quelques heures auparavant les données publiées sur la confiance des consommateurs étaient les plus basses depuis 2014. Il a aussi décrit la reprise comme étant prétendument en forme de V, confondant la bulle boursière avec l’économie générale. On dirait presque que des élections approchent.
• Le marché américain de l’emploi a trébuché à nouveau. Les nouvelles demandes de prestations de chômage ont surpris à la hausse à plus d’un million pour la semaine.
• Selon le bureau du recensement américain, un tiers des ménages en location ont déclaré en juillet ne pas savoir s’ils pourraient payer le loyer du mois d’août. Ce sont 30 millions d’Américains qui sont actuellement à risque d’être expulsés de leur logement.
• Plus de 70 milliards CAD de prêts commerciaux ont été transférés à des spécialistes en restructuration de prêts à cause principalement de retards dans les paiements, ce qui correspond à une augmentation de 320% par rapport au niveau pré-pandémie. Les hôtels et le commerce de détail sont les principales victimes.
• Pendant ce temps, le directeur de cabinet de The Donald à la Maison Blanche, Mark Meadows, a prédit qu’il n’y aurait pas de nouveau plan d’aide à l’économie et aux ménages avant la fin septembre. La faute aux Démocrates, assure-t-il.

À L’INTERNATIONAL (un festival de records)

• Les observateurs du marché chinois craignent que le nombre de défauts de paiements n’atteignent un record d’ici la fin de l’année. L’économie y a repris une certaine erre d’aller et les aides gouvernementales seront conséquemment réduites, mais le portrait corporatif fondamental demeure fragile et les retards de paiements sont à la hausse. Près de 700 milliards CAD de dette viendra à échéance avant la fin de l’année.
• Quant aux banques chinoises, les 4 plus grandes prêteuses du pays faisaient face avant même la pandémie à un manque de plus de 400 milliards CAD pour respecter les normes internationales de capitalisation et de gestion du risque systémique.
• L’Australie a procédé à une émission record de 20 milliards CAD d’une obligation à échéance de 11 ans. Bien que le taux d’intérêt n’ait été fixé qu’à un peu plus de 1% sur l’émission, la demande pour l’obligation atteignait 64 milliards CAD, autre record. Avec ce taux peu généreux de 1% sur 11 ans, le pays offre néanmoins le deuxième plus haut taux d’intérêt parmi les pays du G10.
• Le premier ministre japonais, Shinzo Abe, a démissionné après 7 ans et 8 mois à la tête du pays, un record. Sa politique économique des Trois Flèches (politique fiscale, politique monétaire, réduction de la bureaucratie) n’a pas empêché l’économie du Japon d’être durement frappée par la pandémie. La faute aux Démocrates, sans doute.
• La Suisse a connu un recul record de son économie au deuxième trimestre de l’année, à la suite d’un premier trimestre également en recul. En temps de pandémie, son secteur pharmaceutique a aidé à compenser la débâcle d’autres secteurs traditionnels comme l’horlogerie.
• L’écart de rendement entre les obligations et les actions sur le plan mondial a continué à se rétablir mais les obligations conservent toujours une avance d’un peu plus de 2% sur les actions cette année. En temps normal, les actions (plus risquées) devraient procurer un rendement supérieur.

Aperçu des marchés et des performances depuis le début de l’année
(En devises locales et à la fin de la semaine du lundi 24 au vendredi 28 août)

CANADA

Obligations
• Univers obligataire : +7,41%
• Sous-secteur gouvernemental : +7,72%
• Sous-secteur corporatif Investment Grade : +6,61%
• Sous-secteur corporatif High-Yield (spéculatif) : +1,61%
Actions
• Indice TSX : -2,10%
• Sous-secteur TSX Énergie : -45,27%
• Sous-secteur TSX Financières : -11,26%
• Sous-secteur TSX Technologies : +43,78%

MONDIAL

Obligations
• Univers obligataire : +5,90%
• Sous-secteur gouvernemental : +6,16%
• Sous-secteur corporatif Investment Grade : +6,24%
• Sous-secteur corporatif High-Yield (spéculatif) : +1,13%
Actions
• Indice MSCI World : +3,75%
• Indice S&P 500 (États-Unis) : +8,58%
• Indice Dow Jones 30 (États-Unis) : +0,40%
• Indice Russell 3000 (États-Unis) : +8,22%
• Indice Russell 2000 (États-Unis) : -5,40%
• Indice Russell 1000 (États-Unis) : +9,17%
• Indice Nasdaq (États-Unis) : +30,35%
• Indice CSI 300 (Chine) : +19,41%
• Indice Nikkei 225 (Japon) : -1,56%
• Indice Stoxx 50 (Europe) : -11,47%
• Indice DAX 30 (Allemagne) : -1,63%
• Indice FTSE 100 (UK) : -20,93%
• Indice CAC 40 (France) : -16,31%

AUTRES

• Dollar américain @ 1,31 CAD (Dollar CAD @ 0,76 USD) : +0,66%
• Indice Bloomberg des matières premières : -9,58%
• Prix du HUC (exposition au pétrole) : 10,07$
• Once d’or @ 1971 USD : +29,91%
• Indice de volatilité VIX : 23 (niveau pré-pandémie entre 12 et 15)

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