Survol économique de la semaine du 21 au 25 septembre

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Survol économique

AU CANADA

• Le Québec est officiellement entré la semaine dernière dans la seconde vague de la COVID-19.
• Dans son discours du Trône, le gouvernement du Canada a annoncé vouloir favoriser la création d’un million d’emplois dans une éventuelle relance de l’économie post-pandémie. Des incitatifs à la formation et à la rétention de la main-d’œuvre faisaient aussi partie du discours. Aucun chiffre ou programme précis n’a cependant été communiqué. Le programme de supplément de revenu sera prolongé, quoique sous une forme différente, jusqu’à l’été 2021.
• Une association de restaurateurs canadiens craint de voir 60% des établissements fermer leurs portes au pays si une aide substantielle n’est pas consentie au secteur.
• L’OCDE a établi sa prévision de croissance à 4% en 2021 pour le Canada, ce qui ferait suite à une décroissance prévue de près de 6% pour l’année 2020. Elle ne prévoit pas de hausse de taux d’intérêt avant 2024 au plus tôt, étant donné entre autres une inflation plus que timide pour le moment.
• La résurgence du coronavirus et le potentiel ralentissement économique qu’elle fait craindre touche plus fortement les pays dont l’économie dépend des matières premières, de l’énergie et du secteur bancaire, ce qui est le cas du Canada avec plus de 50% de sa capitalisation boursière dans ces trois secteurs. Plus de 70% des titres du TSX pataugent en territoire négatif pour le mois de septembre.
• L’univers obligataire canadien creuse son avance sur les actions (TSX) avec plus de 14% de rendement additionnel depuis le début de l’année.

AUX ÉTATS-UNIS

• La dernière semaine de recul, une quatrième de suite, a confirmé que septembre sera un mois difficile pour les principales places boursières américaines. Ces quatre semaines consécutives de recul sont une première cette année, même en incluant la période de février et mars au pire de la crise.
• Les grands titres technologiques, qui avaient substantiellement relevé les indices depuis le creux de la crise, connaissent aussi un mois beaucoup moins bullesque, le premier depuis mars.
• À elles seules, les 5 grandes technos ont perdu l’équivalent de plus de 1000 milliards CAD de valeur boursière depuis le début du mois, ce qui établit, et de loin, un record.
• Les obligations spéculatives (soit celles dont la note de crédit est inférieure à BBB-) ont aussi connu un repli douloureux, effaçant tous leurs gains depuis le début de l’année.
• Le marché du travail a creusé les inégalités depuis le début de la pandémie, alors que le taux de chômage pour les travailleurs à faible revenu est dix fois plus élevé que chez les professionnels à rémunération élevée. L’emploi semble toujours aussi engourdi alors que plus de 870,000 nouvelles demandes de prestations de chômage ont été déposées la semaine dernière. C’est plus que 4 fois plus élevé qu’en temps normal.
• La probabilité toujours repoussée d’un accord bipartisan au Congrès sur de nouvelles mesures d’aide économique rend les marchés nerveux et a aussi contribué au recul des principaux indices boursiers. La firme Bloomberg estime à 5% le recul potentiel du PIB américain au quatrième trimestre si le Congrès ne s’entend pas.
• L’incertitude reliée aux résultats électoraux et à une potentielle non-reconnaissance du verdict par le président sortant, El Donaldo, a aussi injecté une dose de nervosité dans les marchés. L’incertitude reliée au potentiel chaos en cas de contestation des résultats est plus forte que celle reliée à l’identité du gagnant éventuel. Oui, on parle bel et bien des États-Unis d’Amérique, plus puissante «démocratie» sur la planète, et d’un président qui refuse de s’engager à quitter la Maison Blanche s’il est battu en novembre. Il semble qu’il refuserait de se faire servir la phrase qui l’a pourtant rendu célèbre à la télévision: You’re fired.
• La pharmaceutique Johnson & Johnson a donné de l’espoir avec des essais cliniques qui ont atteint la phase 3. L’augmentation résultante de son titre a aussi donné de l’espoir (à ses actionnaires).
• Les faibles taux d’intérêt continuent de doper le marché immobilier résidentiel américain. Les ventes d’habitations pour le mois d’août ont été les plus fortes en près de 15 ans et les reventes ont retrouvé leur niveau pré-pandémie.
• Après une forte récupération en juillet, les commandes de biens durables se sont effondrées aux États-Unis en août avec un très timide 0,4% d’augmentation (comparativement à près de 12% en juillet).
• Les entreprises ont toutefois envoyé un signal plus encourageant avec des dépenses de matériel qui ont avancé de près de 2% pour le mois, soit plus que prévu.
• Le dollar USD a connu sa meilleure semaine depuis un bon moment pour atteindre un sommet des 3 derniers mois, bénéficiant d’un repli des investisseurs vers une valeur refuge face à la pandémie qui reprend de la vigueur. Ceux qui prédisaient le déclin du dollar USD comme valeur refuge ont revu leur pronostic.
• Le nombre de décès aux États-Unis reliés à la COVID-19 a franchi le cap des 200,000 en plus des 7 millions de cas identifiés. Les États-Unis abriteraient environ 20% des cas mondiaux selon les chiffres officiels, qui sont cependant moins fiables dans certains pays moins démocratiques.
• Cela dit, si la pandémie prend beaucoup de place elle n’en fait pas moins oublier un autre grand défi planétaire : la crise climatique. La Californie est devenue le premier État à bannir la vente de voitures à essence et au diesel dès 2035. Ça vient vite.
• L’univers obligataire américain devance les actions américaines (S&P500) de près de 5% depuis le début de l’année 2020.

À L’INTERNATIONAL

• Ce fut la semaine la plus négative pour les marchés mondiaux depuis juin, causée en bonne partie par les craintes d’une deuxième série de confinements partiels ou généraux.
• Plusieurs métaux et matières premières ont aussi connu une semaine difficile (pétrole, or, cuivre). L’indice Bloomberg des matières premières (voir section sur les rendements) a fermé la semaine avec plus de 12% de pertes depuis le début de l’année.
• L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a recensé plus de 2 millions de nouveaux cas hebdomadaires de COVID-19 pour la première fois la semaine dernière. Le virus demeure bien présent comme principale source d’incertitude sur tous les marchés. Le décompte officiel de décès est d’environ 1 million globalement, mais certains chercheurs soutiennent que le véritable décompte est possiblement le double de cette valeur.
• L’Organisation internationale du travail (OIT) a estimé à près de 3500 milliards de dollars les pertes de revenus des travailleurs au niveau mondial pour les 9 premiers mois de 2020. Ses pronostics pour les 3 derniers mois de l’année sont également sombres.
• La banque allemande Deutsche Bank, dont les actifs de 2300 milliards CAD équivalent à eux seuls à pratiquement la moitié des 5 grandes banques canadiennes réunies, fermera un cinquième de ses succursales. Selon la Deutsche Bank, la pandémie modifiera durablement les habitudes des usagers vers les services en ligne.
• Plusieurs grandes banques internationales ont été mises sur la sellette par une enquête journalistique qui révèle qu’elles auraient blanchi ou caché l’équivalent de 2600 milliards CAD (oui, deux mille six cents milliards) de fonds douteux, voire illicites, ces deux dernières décennies. Il est déjà arrivé que des banques prises en flagrant délit puissent simplement verser une amende sans devoir admettre leur crime. N’essayez pas cela à la maison.
• Avec 5 jours à faire au troisième trimestre, les obligations mondiales ont jusqu’ici procuré un rendement supérieur de 7% par rapport aux actions (MSCI ACWI).

Aperçu des marchés et des performances depuis le début de l’année
(En devises locales et à la fin de la semaine du lundi 21 au vendredi 25 septembre)

CANADA

Obligations canadiennes
• Marché monétaire T-Bill : +1,28%
• Univers obligataire : +8,33%
• Univers obligataire de long terme : +11,85%
• Sous-secteur gouvernemental : +8,79%
• Sous-secteur corporatif Investment Grade : +7,15%
• Sous-secteur corporatif High-Yield (spéculatif) : +2,34%
Actions canadiennes
• Indice TSX : -5,85%
• Sous-secteur TSX Énergie : -54,66%
• Sous-secteur TSX Financières : -16,08%
• Sous-secteur TSX Technologies : +39,13%

ÉTATS-UNIS

Obligations américaines
• Marché monétaire T-Bill : +0,92%
• Univers obligataire : +6,83%
• Univers obligataire de long terme : +22,29%
• Sous-secteur gouvernemental : +9,09%
• Sous-secteur corporatif Investment Grade : +6,59%
• Sous-secteur corporatif High-Yield (spéculatif) : -0,11%
Actions américaines
• Indice S&P500 (États-Unis) : +2,09%
• Indice Dow Jones 30 (États-Unis) : -4,78%
• Indice Russell 3000 (États-Unis) : +1,98%
• Indice Russell 2000 (États-Unis) : -11,60%
• Indice Russell 1000 (États-Unis) : +2,93%
• Indice Nasdaq (États-Unis) : +21,63%

MONDIAL

Obligations mondiales
• Univers obligataire : +5,35%
• Sous-secteur gouvernemental : +5,72%
• Sous-secteur corporatif Investment Grade : +5,47%
• Sous-secteur corporatif High-Yield (spéculatif) : -1,11%
Actions mondiales
• Indice MSCI ACWI (mondial) : -1,61%
• Indice MSCI ACWI excluant les États-Unis : -8,27%
• Indice MSCI World ESG : -0,89%
• Indice CSI 300 (Chine) : +11,64%
• Indice Nikkei 225 (Japon) : -1,22%
• Indice Stoxx 50 (Europe) : -16,24%
• Indice DAX 30 (Allemagne) : -5,89%
• Indice FTSE 100 (UK) : -22,54%
• Indice CAC 40 (France) : -20,88%

AUTRES INDICATEURS

• Dollar américain @ 1,34 CAD (Dollar CAD @ 0,75 USD) : +2,98%
• Indice Bloomberg des matières premières : -12,33%
• Pétrole WTI @ 40,06 USD : -34,44%
• Prix du HUC (exposition au pétrole) : 9,46$
• Once d’or @ 1862 USD : +22,72%
• Indice de volatilité VIX : 26,38 (niveau pré-pandémie entre 12 et 15)

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Bonne semaine!

Votre équipe