Survol économique de la semaine du 20 au 24 juillet

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Survol économique

CANADA

• Au Canada le nombre de compagnies qui se placent à l’abri de leurs créanciers a atteint un niveau jamais vu depuis que des statistiques à cet effet sont compilées. Qui plus est, un nombre croissant d’entreprises de toutes tailles ont entrepris l’étape préliminaire (note d’intention) qui mène aux procédures officielles, ce qui fait craindre une augmentation additionnelle à venir des cas déclarés d’insolvabilité.
• Cri d’alarme des professionnels de la restauration au pays. Dix-huit associations de lobbyistes de l’industrie ont mis le gouvernement en garde à l’effet que le secteur risque de s’effondrer en l’absence de soutien additionnel. Les propositions incluent entre autres allègement des loyers, la limitation des taxes, l’élargissement des permis d’alcool, l’interdiction des évictions et la diminution des frais de terrasses.
• Les ventes au détail ont connu pour leur part une forte progression de 19% depuis la dégringolade historique de mars et avril. Les prévisions pour juin replaceraient les ventes au niveau d’avant la pandémie. La crainte est que cette reprise soit toutefois basée sur de l’aide gouvernementale qui sera nécessairement temporaire.
• La Banque du Canada a informé les marchés qu’elle réduira de moitié son programme d’achat de divers titres gouvernementaux, de 40% des émissions à 20% des émissions, mentionnant au passage qu’elle perçoit maintenant moins de risques qu’au début de la pandémie.
• L’indice de référence de l’inflation (core inflation) s’est rapidement redressé avec une hausse de 1,7% en juin, une valeur plus élevée que ce qui était attendu. Les économistes s’attendent néanmoins à ce que l’inflation n’atteignent pas la cible de 2% de la Banque du Canada avant plusieurs mois.
• L’agence de notation Standard & Poor’s a confirmé la cote de crédit parfaite de AAA du Canada, contrairement à Fitch qui l’avait réduite à AA+ récemment. S&P considère ainsi la capacité fiscale du Canada comme étant solide et suffisante pour relativement bien traverser la crise.
• Le marché obligataire canadien affiche une résiliente avance de près de 15% sur le marché boursier depuis le début de l’année.

ÉTATS-UNIS

• Le marché américain du travail a émis des signaux inquiétants avec une chute de près de 7 millions d’emplois pour le dernier mois. Les nouvelles demandes de chômage pour la dernière semaine ont augmenté à plus de 1,4 million. Tous programmes confondus, ce sont plus de 30 millions d’Américains qui reçoivent toujours de l’aide gouvernementale temporaire pour survivre à la récession actuelle.
• Alors que les indices boursiers se situent à un niveau de valorisation parmi les plus élevés des 20 dernières années, les grands patrons des titres gagnants montrent de signes d’inquiétude. Les mêmes initiés qui avaient fait le plein lors du creux de mars sont actuellement vendeurs de leurs propres titres dans un ratio de cinq vendeurs pour un acheteur.
• Les taux d’intérêt réels, qui tiennent compte de l’inflation dans le calcul du rendement, ont poursuivi leur descente et sont actuellement en territoire de taux négatifs pour toutes les échéances, jusqu’aux obligations du trésor de 30 ans. Le taux 5 ans a brièvement établi cette semaine un nouveau bas historique.
• La pandémie continue de créer certains gagnants. Les cinq plus grandes banques d’investissement américaines ont déclaré à elles seules des revenus de plus de 60 milliards CAD pour le dernier trimestre au sein des divisions commerciales et corporatives. Un record absolu aidé principalement par les nombreux programmes d’aide gouvernementaux.
• Les ventes de maisons neuves ont fortement repris, aidées en cela par le télétravail et l’émergence du bureau à la maison. L’achat de meubles et d’équipements divers contribuera à renforcer les chiffres de ventes au détail.
• L’indice technologique Nasdaq a perdu une partie de ses gains récents qui l’avaient mené à son sommet de tous les temps. Le géant Amazon a contribué substantiellement aux variations boursières des derniers mois avec une augmentation spectaculaire de son titre. Lundi, sa capitalisation a bondi de plus de 150 milliards CAD en une seule journée (soit tout bonnement l’équivalent de la plus grande capitalisation boursière canadienne).
• Dans le feuilleton Tesla, la trajectoire apparemment imparable du titre a connu un soubresaut cette semaine. La compagnie a annoncé de meilleurs résultats que prévu, ce qui a causé… un recul du titre (oui, bien relire cette phrase qui est devenue pratiquement normale dans le contexte des derniers mois insensés sur les marchés).
• Dans le feuilleton The Donald, une véritable entrevue d’anthologie a été réalisée par Fox News durant laquelle le président a multiplié les affirmations douteuses ou carrément fausses concernant la pandémie, devant un interviewer qui remettait ouvertement en question plusieurs des propos émis. Le président a laissé entendre dans la même entrevue qu’il ne reconnaitrait pas nécessairement les résultats de l’élection s’il ne l’emportait pas. Il a aussi affirmé, le plus sérieusement du monde, que si on veut moins de cas positif de coronavirus, il faut tester moins de gens. Fallait y penser.
• Le décompte est commencé. Dans 100 jours, le peuple américain pourra réélire ou remercier son président.

INTERNATIONAL

• AstraZeneca et l’Université d’Oxford ont réalisé des essais cliniques prometteurs dans la recherche d’un vaccin contre le coronavirus.
• La scène internationale a été accaparée par l’augmentation des tensions entre les États-Unis et la Chine, qui ont fait chanceler les marchés mondiaux en faisant craindre une reprise plus lente. Les deux plus grandes économies de la planète ont haussé le ton l’une envers l’autre et ont chacune fait fermer un consulat sur leur territoire.
• Les données manufacturières en Europe ont pointé vers un retour sur la bonne voie. Elles ont cependant été assombries par des pertes d’emplois pour un cinquième mois consécutif.
• L’Espagne, déjà durement touchée par la COVID, a connu une recrudescence de nouveaux cas à la suite de la réouverture des bars et des lieux touristiques.
• Le marché du luxe souffre aussi de la pandémie. Le producteur de diamants DeBeers a vu ses ventes chuter drastiquement de 96% au deuxième trimestre.
• Au niveau mondial, le marché obligataire devance le marché boursier de plus de 8% de rendement depuis le début de 2020.

Aperçu des marchés et des performances depuis le début de l’année
(En devises locales et à la fin de la semaine)

CANADA

Obligations
• Univers obligataire : 8,38%
• Sous-secteur gouvernemental : 8,98%
• Sous-secteur corporatif Investment Grade : 6,83%
• Sous-secteur corporatif High-Yield (spéculatif) : -0,97%
Actions
• Indice TSX : -6,25%
• Sous-secteur TSX Énergie : -45,96%
• Sous-secteur TSX Financières : -17,10%
• Sous-secteur TSX Technologies : 38,11%

MONDIAL

Obligations
• Univers obligataire : 5,29%
• Sous-secteur gouvernemental : 5,58%
• Sous-secteur corporatif Investment Grade : 6,14%
• Sous-secteur corporatif High-Yield (spéculatif) : -1,06%
Actions
• Indice MSCI World : -2,86%
• Indice S&P500 : -0,47%
• Indice Dow Jones : -7,25%
• Indice CSI (Chine) : 10,69%
• Indice Nikkei (Japon) : -4,26%
• Indice DAX (Allemagne) : -3,10%
• Indice FTSE (UK) : -18,81%
• Indice CAC (France) : -17,09%

AUTRES

• Dollar canadien : 0,75 USD (Dollar US = 1,34 CAD)
• Indice Bloomberg des matières premières : -15,24%
• Prix du HUC (exposition au pétrole) : 9,58$
• Once d’or : 1925$
• Indice de volatilité VIX : 26 (niveau pré-pandémie entre 12 et 15)

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Bonne semaine!

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